Le plus important d'abord
- Le diabète gestationnel et la prééclampsie sont des complications fréquentes de la grossesse qui peuvent présenter des risques graves pour la mère et l'enfant.
- Cet article vous dira tout ce que vous devez savoir sur l'origine, les symptômes et le traitement de ces maladies, afin que vous soyez bien informé et puissiez réagir à temps.
- En collaboration avec votre équipe médicale, vous pouvez garantir une grossesse aussi sûre et saine que possible.
Vous vous demandez peut-être quels sont les risques liés à votre grossesse. Deux complications fréquentes méritent une attention particulière : le diabète gestationnel et la prééclampsie. Ces affections peuvent avoir de graves conséquences pour vous et votre bébé si elles ne sont pas détectées et traitées à temps. C’est pourquoi il est important que vous soyez consciente de ces risques et que vous compreniez comment ils peuvent affecter votre grossesse.
Cet article vous en dira plus sur le diabète gestationnel et la prééclampsie, deux risques importants pendant la grossesse. Nous expliquerons comment ces affections se développent, comment elles sont diagnostiquées et quels sont les traitements disponibles. Nous vous donnerons également des conseils pour surveiller votre glycémie et contrôler votre tension artérielle. Notre objectif est de vous fournir les connaissances nécessaires pour collaborer avec votre équipe soignante et garantir les meilleurs soins possibles pour vous et votre bébé.
Comprendre le diabète gestationnel
Le diabète gestationnel, également appelé diabète de grossesse, est un trouble du métabolisme du glucose qui se manifeste pendant la grossesse. Cette affection est de plus en plus fréquente et touche jusqu'à 20 % des grossesses. Afin de minimiser les risques pour la mère et l'enfant, il est important de comprendre sa physiopathologie, ses facteurs de risque et ses conséquences potentielles.
Physiopathologie
Le développement du diabète gestationnel présente de nombreuses similitudes avec celui du diabète de type 2. Pendant la grossesse, l'organisme subit des changements hormonaux qui entraînent une résistance physiologique à l'insuline. Autrement dit, les cellules sont moins sensibles à l'insuline, ce qui peut provoquer une hyperglycémie.
Dans le diabète gestationnel, l'organisme ne parvient pas à compenser correctement cette résistance à l'insuline. Il en résulte une carence relative en insuline, provoquant une hyperglycémie (taux de sucre sanguin élevé) pendant la grossesse. Outre les modifications hormonales, les adipokines et les cytokines issues du tissu adipeux et du placenta jouent également un rôle dans le développement du diabète gestationnel.
Facteurs de risque
Plusieurs facteurs peuvent augmenter votre risque de développer un diabète gestationnel :
- Surpoids ou obésité
- Antécédents familiaux de diabète
- Âge supérieur à 35 ans
- Originaires d'Asie du Sud et de l'Est, d'Amérique latine, d'Afrique ou du Moyen-Orient
- syndrome des ovaires polykystiques
- Antécédents de diabète gestationnel
- Poids de naissance des enfants précédents supérieur à 4 500 grammes
- Trois fausses couches ou plus d'affilée
Le surpoids joue un rôle particulièrement crucial. Les femmes dont l'indice de masse corporelle (IMC) se situe entre 25 et 30 kg/m² présentent un risque de diabète gestationnel multiplié par 2 à 6. Ce risque peut même atteindre 20 fois plus élevé pour un IMC encore plus élevé que pour les femmes de poids normal.
Conséquences pour la mère et l'enfant
Le diabète gestationnel peut avoir des effets à court et à long terme sur vous et votre bébé.
Conséquences aiguës pour la mère :
- Risque accru d'infections urinaires et d'infections vaginales
- Risque accru de naissance prématurée
- Risque accru d'hypertension gravidique et de prééclampsie
- Taux plus élevé de césariennes et d'accouchements par voie vaginale instrumentale
Conséquences à long terme pour la mère :
- Risque accru de développer un diabète de type 2 (35 à 60 % en 10 ans)
- Risque accru de développer un syndrome métabolique
- Risque accru de maladies cardiovasculaires
Conséquences pour l'enfant :
- Macrosomie (croissance fœtale excessive)
- Risque d'hypoglycémie, de problèmes respiratoires et d'autres troubles d'adaptation après la naissance
- Risque accru à long terme d'obésité et de diabète de type 2
Le diabète gestationnel est une affection grave qui peut avoir des conséquences sur vous et votre bébé. Cependant, nombre de ces risques peuvent être minimisés grâce à un dépistage précoce et un traitement approprié. Des examens réguliers et une bonne hygiène de vie sont essentiels pour optimiser le bien-être de votre enfant.
Diagnostic et traitement du diabète gestationnel
Le diagnostic et le traitement du diabète gestationnel sont essentiels à la santé de la mère et de l'enfant. Afin d'identifier et de minimiser les risques potentiels dès le début, différents tests de dépistage sont réalisés et, si nécessaire, des mesures thérapeutiques sont mises en place.

Tests de dépistage
Le dépistage du diabète gestationnel est un élément important du suivi prénatal. Il est recommandé à toutes les femmes enceintes de subir un test de tolérance au glucose par voie orale (TTGO) entre la 26e et la 28e semaine de grossesse. Ce test comprend une mesure de la glycémie à jeun, suivie de l'ingestion de 75 g de glucose et de nouvelles mesures de la glycémie une et deux heures plus tard.
Les valeurs seuils pour le diagnostic du diabète gestationnel sont :
- Glycémie à jeun ≥ 5,1 mmol/L
- Glycémie après une heure ≥ 10 mmol/L
- Glycémie après deux heures ≥ 8,5 mmol/L
Un seul résultat anormal à une analyse de sang suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel. Il est important d'être à jeun depuis minuit et que le prélèvement sanguin soit effectué à partir de plasma veineux.
Les femmes* présentant un risque accru de diabète, comme le surpoids ou un âge avancé, sont testées au cours du premier trimestre de grossesse.
Changement alimentaire
Si vous souffrez de diabète gestationnel, les modifications alimentaires constituent souvent la première étape du traitement. Dans environ 70 à 80 % des cas, cette mesure suffit à normaliser la glycémie.
Voici quelques recommandations importantes concernant votre alimentation :
- Divisez vos repas en trois repas principaux et des collations.
- Privilégiez les aliments riches en fibres, tels que les céréales complètes, les légumineuses, les légumes et la salade.
- Limitez votre consommation de fruits à deux portions de 150 grammes chacune par jour.
- Évitez les boissons sucrées et les aliments contenant du sucre pur.
Il est important de ne pas vous imposer un régime strict, mais plutôt de suivre un régime alimentaire équilibré et sain qui contient tous les nutriments essentiels pour vous et votre enfant.
Options médicamenteuses
Si les modifications alimentaires seules ne suffisent pas à normaliser votre glycémie, un traitement médicamenteux peut être envisagé. Environ une femme sur quatre* atteinte de diabète gestationnel nécessite une insulinothérapie.
L'insuline est une hormone naturelle qui abaisse le taux de sucre dans le sang et ne traverse pas la barrière placentaire, ce qui en fait une option sûre pour votre enfant à naître. La dose d'insuline sera ajustée en continu en fonction de vos besoins jusqu'à la naissance.
Les comprimés pour faire baisser la glycémie sont désormais autorisés pendant la grossesse. Le choix du traitement doit être fait en concertation avec votre médecin.
Quel que soit le traitement choisi, il est important de surveiller régulièrement votre glycémie. Vous apprendrez à prélever une goutte de sang au bout du doigt à l'aide d'un autopiqueur et à mesurer votre glycémie avec un lecteur de glycémie.
N'oubliez pas que le traitement du diabète gestationnel se poursuit jusqu'à la naissance de votre bébé. Dans la plupart des cas, la glycémie revient à la normale après l'accouchement. Toutefois, il est important de surveiller votre glycémie même après la grossesse, car vous présentez un risque accru de développer un diabète de type 2.
Prééclampsie - Une complication grave de la grossesse
La prééclampsie est, par définition, une affection grave pouvant survenir pendant la grossesse ou en période post-partum et pouvant être dangereuse pour la mère et l'enfant. Elle fait partie des troubles hypertensifs de la grossesse, sa principale caractéristique étant une élévation de la pression artérielle. Le diagnostic de prééclampsie est posé après la 20e semaine de grossesse si une hypertension artérielle (140/90 mmHg ou plus) est diagnostiquée, associée à une protéinurie ou à d'autres signes d'atteinte organique.
Symptômes
La prééclampsie peut provoquer divers symptômes, selon les organes touchés. Voici quelques-uns des signes les plus courants :
- Mal de tête intense
- Troubles visuels tels que des scintillements lumineux dans les yeux
- Douleurs dans la partie supérieure de l'abdomen, surtout du côté droit
- Nausées et vomissements
- Prise de poids soudaine et importante (plus d'un kilogramme par semaine de grossesse)
- Rétention d'eau accrue (œdème) avec peau tendue, notamment au niveau des mains, des doigts et du visage
Certaines femmes atteintes de prééclampsie ne présentent pas de symptômes aussi évidents. C'est pourquoi les consultations prénatales régulières sont particulièrement importantes pendant la grossesse ; elles permettent de surveiller la tension artérielle, le poids et les analyses d'urine.
Dans les cas graves, la prééclampsie peut évoluer vers des complications potentiellement mortelles :
- Éclampsie : Ce syndrome se caractérise par des convulsions qui peuvent être dangereuses pour vous et votre bébé. Il survient dans environ 1 % des cas de prééclampsie.
- Syndrome HELLP : Cette forme la plus grave de prééclampsie touche environ 10 à 20 % des femmes* atteintes de prééclampsie sévère. Elle peut entraîner des lésions hépatiques, des troubles de la coagulation et d’autres complications graves.
Facteurs de risque
Certains facteurs peuvent augmenter votre risque de développer une prééclampsie. Les plus importants sont les suivants :

Il est important de savoir que la prééclampsie survient dans environ 5 % des grossesses. La plupart des cas apparaissent après la 34e semaine de grossesse, mais dans de rares cas, elle peut se déclarer plus tôt.
Si vous appartenez à un groupe à risque, votre médecin vous suivra de près. Des examens réguliers sont essentiels pour le dépistage et le traitement précoces de la prééclampsie. En cas de signes ou de symptômes, contactez immédiatement un professionnel de santé ; une prise en charge rapide est indispensable pour éviter des complications graves.
Prise en charge et prévention de la prééclampsie
Stratégies de surveillance
En cas de prééclampsie, une surveillance étroite de vous et de votre bébé est essentielle. Si vous souffrez d'une forme légère de prééclampsie, un traitement et un suivi peuvent être mis en place en ambulatoire. Dans ce cas, vous devrez consulter votre médecin au moins une fois par semaine. Lors de ces consultations, votre tension artérielle sera mesurée régulièrement, des analyses de sang seront effectuées et le bien-être de votre bébé sera vérifié par la surveillance de son rythme cardiaque (test de réactivité fœtale).
Dans la plupart des cas, vous serez toutefois admise à l'hôpital par précaution. Vous et votre bébé pourrez y être étroitement surveillés afin de prévenir tout risque de complications graves. En cas de prééclampsie sévère ou d'éclampsie, vous pourriez être transférée en unité de soins intensifs.
options de traitement
Le traitement de la prééclampsie vise principalement à contrôler les symptômes, car ses causes exactes ne sont pas encore totalement élucidées. Dans les cas bénins, le repos et la convalescence suffisent souvent. Dans certains cas, l'alitement peut également être recommandé.
Si votre tension artérielle dépasse 150/100 mmHg, une hospitalisation est nécessaire. On pourra alors vous administrer des médicaments pour faire baisser votre tension, comme l'hydralazine ou le labétalol. De plus, du sulfate de magnésium est souvent administré par voie intraveineuse pour prévenir ou stopper les convulsions (éclampsie).
Dans les cas graves, ou si la grossesse a déjà duré au moins 37 semaines, l'accouchement est généralement recommandé. Cela est particulièrement vrai en cas de complications telles que le syndrome HELLP ou des lésions organiques progressives chez la mère. En définitive, l'accouchement est le seul traitement curatif de la prééclampsie.
mesures préventives
Le meilleur moyen de prévenir la prééclampsie est d'assister à tous les rendez-vous prénataux programmés. Ces rendez-vous comprennent des contrôles réguliers de la tension artérielle et des analyses d'urine afin de détecter précocement la prééclampsie.
De plus, vous avez la possibilité de subir un dépistage volontaire de la prééclampsie entre la 11e et la 14e semaine de grossesse. Ce dépistage examine divers facteurs tels que vos antécédents médicaux, votre tension artérielle, certaines protéines sanguines et le flux sanguin dans les artères utérines.
Si vous présentez un risque accru de prééclampsie, votre médecin pourra vous recommander la prise quotidienne d'aspirine à faible dose. Une étude internationale a démontré que cela peut réduire le risque de prééclampsie de plus de 60 %. L'aspirine doit être prise en début de grossesse, au plus tard à la 16e semaine, et poursuivie jusqu'au terme prévu de la grossesse.
Après la grossesse, il est important de continuer à faire contrôler régulièrement sa tension artérielle. Les femmes* qui ont souffert d'hypertension pendant leur grossesse présentent un risque accru d'en développer une plus tard. Par conséquent, un bon contrôle de la tension artérielle après la grossesse est essentiel pour votre santé à long terme.
Conclusion
Le diabète gestationnel et la prééclampsie présentent des risques importants pour vous et votre bébé. Vous disposez désormais d'un aperçu des causes, des symptômes et des traitements possibles pour ces complications. Il est essentiel que vous soyez attentive aux signes avant-coureurs et que vous vous rendiez à vos consultations prénatales régulières afin de permettre un dépistage et un traitement précoces.
N'oubliez pas qu'un mode de vie sain et une collaboration étroite avec votre médecin sont essentiels pour minimiser ces risques. Avec une bonne préparation et une attention particulière, vous pouvez contribuer à une grossesse sereine et en pleine santé. N'hésitez pas à demander conseil à votre équipe médicale si vous avez des questions ou des inquiétudes ; elle est là pour vous accompagner.
Examen médical
Ce texte a été rédigé par des rédacteurs médicaux à partir de la littérature médicale et des études récentes. Nous nous efforçons de travailler avec rigueur scientifique, de citer nos sources et de réviser régulièrement le contenu afin d'en garantir l'exactitude et l'actualité.
Références et littérature
- Craig, L. et al. : Expériences des femmes face au diagnostic de diabète gestationnel : une revue systématique. Dans : BMC Pregnancy and Childbirth, 2020 ; 20 :76
- Association allemande du diabète et al. : Recommandations S3 sur le diabète gestationnel (DG) – Diagnostic, traitement et suivi. Version longue. 2e édition. 2018
- Rancourt, RC et al. : Facteurs inflammatoires du tissu adipeux viscéral (TNF-alpha, SOCS3) dans le diabète gestationnel : l’épigénétique comme indice dans la physiopathologie du diabète gestationnel. Dans : Int J Mol Sci, 2020 ; 21(2) : 479
- Schmidt, CB et al. : La détresse liée au diabète est associée à des issues de grossesse défavorables chez les femmes atteintes de diabète gestationnel : une étude de cohorte prospective. Dans : BMC Pregnancy and Childbirth, 2019 ; 19 :223





